Shaimane Bloom et l'Algie Vasculaire de la Face14/04/2010
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L'Algie Vasculaire de la Face (AVF) ou "cluster headache" est une forme aiguë de céphalée, une névralgie migraineuse qui se manifeste sur l'une des moitiés de la tête. On parle souvent de "céphalée suicidaire", tant la violence des attaques et leur fréquence rendent infernale la vie des personnes qui en sont atteintes.
La maladie, dont souffre 0,1% de la population en France, se caractérise par un mal de tête quotidien important près d'un œil, du nez ou de la tempe. La douleur, qui peut durer jusqu'à trois heures, s'accroît progressivement et rapidement. Rencontre avec Shaimane Bloom, une des rares femmes atteinte d'Algie Vasculaire de la Face. La maladie touche cinq fois plus les sujets hommes. Alexis Boutévillain- Dans quelles circonstances l’AVF a-t-elle été diagnostiquée chez toi ? Shaimane Bloom- Ce fut très long... Au départ, j'avais l'impression d'être incomprise par les médecins, qui m'infligeaient de lourds traitements contre les fortes migraines. Après avoir changé plusieurs fois de spécialiste, j'ai enfin rencontré celui qui allait s'intéresser à mon cas. Ce dernier a pris la peine de rechercher la cause réelle de mes crises en me questionnant en profondeur, et en faisant des examens plus poussés. Il faut savoir que cette maladie neurologique, l'AVF, ne se voit ni à l'IRM (NDLR: Imagerie par Résonance Magnétique), ni au scanner. D'où la difficulté de la diagnostiquer... Cela fait tout juste un an que l'on a réussi à mettre un nom sur la maladie dont je souffre. Alexis Boutévillain- Comment est arrivée la première crise ? Shaimane Bloom- Ça a été terrible. J'ai été prise d'une violente attaque, fulgurante. Comme un électrochoc, au niveau du cerveau. J'ai bien crû que j'allais mourir. Je pleurais et m'agitais dans tous les sens. J'ai eu vraiment très peur, j'étais paniquée, je ne savais comment réagir... Donc j'ai immédiatement été conduite aux urgences. Alexis Boutévillain- Au quotidien, sous quelle(s) forme(s) se manifeste la maladie ? Shaimane Bloom- L'AVF rythme ma vie. La journée, je souffre. la nuit, je souffre. Je n'ai pas de répit. Les crises, régulières -entre cinq et six par jour-, se manifestent sans prévenir. Ça démarre par la mâchoire, puis la douleur s'intensifie au niveau de la tempe, avec comme de l'électricité dans la tête et l'oeil. Tu as l'impression que l'on te plante plusieurs fois un couteau. Mon oeil devient rouge, pleure, et mon nez coule. Alexis Boutévillain- Quels traitements et remèdes existe t-il à ce jour pour lutter contre l'AVF ? Shaimane Bloom- Aucun. Les seuls qui existent permettent d'atténuer les crises et soulager la douleur. L'Imiject se présente sous la forme de seringues, que l'on s'injecte au moment où l'on sent que la crise va arriver. Mais sa prise est limitée, du fait de ses effets néfastes sur le coeur. Après, je dispose d'une assistance à domicile, avec l'oxygène. Je suis atteinte d'AVF chronique, cela représente environ 20% des patients, c'est-à-dire que les douleurs se produisent sur plus d'un an, sans période d'accalmie d'au moins un mois. Ce qui nécessite un traitement lourd, en plus de l'Imiject, d'où de nombreux séjours à l'hôpital, sous perfusions. Alexis Boutévillain- Que sait-on d’autre de la maladie ? Shaimane Bloom- L 'Algie Vasculaire de la Face reste un mystère pour les médecins. Ils pensent qu'elle viendrait d'une défaillance au niveau de l'hypothalamus... Ce qui est sûr, c'est que cette maladie crée des dommages cérébraux et corporels irréversibles. Alexis Boutévillain- Quels sont tes projets professionnels ? Shaimane Bloom- Je souhaite faire du cinéma. À cause de la maladie et de la fatigue qu'elle engendre, j'ai dû renoncer à beaucoup de choses... Malgré tout, je continue de croire en moi et en la vie. À 24 ans, je suis l'heureuse maman de deux enfants. C'est eux qui me donnent la force et l'envie de me battre quotidiennement. J'ai beaucoup d'ambitions et je ne me laisse jamais abattre, mais j'avoue très mal vivre le fait d'être malade, j'ai beaucoup de mal à l'accepter. J'ai l'impression que l'on dirige ma vie. Je ressens ça comme une injustice. Pourquoi moi ? Je suis jeune... La maladie évolue rapidement chez moi. Je risque à tout moment l'arrêt cérébral. Mais je crois en la recherche médicale. Dans la même rubrique :
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