Oriane Bonduel: la communion avec le bonheur, une renaissance01/05/2010
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Oriane Bonduel use de l'humour comme elle respire. C'est un besoin. L'écrivain Boris Vian affirmait que "l'humour est la politesse du désespoir". On y est. Au premier abord, Oriane s'apparente à une boule d'énergie hyperactive, extravertie, drôle... En creusant un peu, on découvre chez elle une personne dotée d'une très grande sensibilité. Sa fragilité. Qu'elle ne cache pas: "Je suis tourmentée par tout ! Un rien me bouleverse. Un simple regard traduit tellement de choses... Empathique, je suis comme une éponge." Ce qui lui permet certes de capter les émotions des gens, mais aussi de se perdre inexorablement...
Cette ouverture d'esprit au monde qui l'entoure, témoin d'une hypersensibilité certaine, porte un nom: la psychanaliste et psychothérapeute Cécile Chavel la nomme "pulsion A". La puissance de développement d'Oriane tend vers ce que Romain Rolland qualifie de "sentiment océanique" fusionnel, présent lorsqu'on se sent porté par quelque chose qui nous dépasse. Oriane s'est toujours sentie différente des autres, sans parvenir à trouver une explication sensée: "Déjà petite, je me sentais enfermée et exclue... Je n'ai jamais eu de groupe de copines, ça m'angoissait. Juste des amies ici et là. Je pense que je m'auto-excluais. Je n'arrivais pas à être comme les autres, à vivre les mêmes choses", confie Oriane, qui ajoute: "Ça me poursuit encore aujourd'hui. J'aimerais tellement avoir un métier stable, et travailler dans un bureau, sans me poser de questions... Me fondre dans la masse. Mais j'adore mon métier, de par la liberté extraordinaire qu'il me procure." La réflexion progresse, les mots se font plus précis. L'analyse, plus introspective. Après un bac littéraire brillamment obtenu avec mention bien, Oriane Bonduel sort diplômée d'une école de commerce. Elle intègre alors le service marketing de Guerlain, le plus ancien parfumeur français, du groupe LVMH. Elle y restera deux ans. Puis de 2000 à 2003, elle suit la formation professionnelle du Cours Florent. À l'époque, Oriane n'est pas novice dans le métier: on a déjà pu la voir jouer dans La Cantatrice Chauve au Théâtre de Lille en 1998, La Mouette en 2001, ou encore Occupe-toi d'Amélie, au Trianon, en 2003. La comédienne remonte prochainement sur les planches avec Boy Gets Girl, une pièce mise en scène par Julia Duchaussoy. Le pitch ? "C'est l'histoire d'une femme qui, réfugiée dans le travail, décide un jour de participer à un blind date. Elle y rencontre un homme à qui elle ne va vouer aucune attirance, et va lui faire savoir en l'éconduisant. Mais celui-ci va la harceler." Ça promet ! Elle promet. Oriane est maître d'elle-même. Du cran, elle en a. À l'écran, elle en a montré. Sans retenue. Elle n'a plus peur d'elle-même. De son image, oui. Alors, elle s'impose. D'abord en tant qu'animatrice TV dans Zéro de Conduite en 2002, sur TF1, puis sur France 3 et sur Canal+, où elle présente la météo. Mais ce qu'elle préfère, c'est jouer un rôle, incarner un personnage: "C'est ça qui m'intéresserait aujourd'hui: animer une rubrique sous un angle cinématographique sur un sujet qui m'interpelle, avec un vrai parti pris", affirme t-elle. L'appel est lancé ! Mais la comédie, c'est sa vie. Ça se sent. Oriane se révèle aux yeux du grand public avec Que du Bonheur !, le format court diffusé sur TF1 en 2008 et 2009. Elle y joue le rôle de Valérie, sage-femme de 38 ans mariée à Jean-François, interprété par Arnaud Viard. Ils ont eu ensemble une petite fille, Zoé, qui vient agrandir la famille recomposée, puisque Valérie, de son côté, a déjà une fille, Elsa, et Jean-François un fils, Julien. Valérie est sans cesse à la recherche de la perfection, développant même des angoisses. Lorsqu'elle a pris une décision, elle entreprend tout pour parvenir à ses fins. Oriane a rajouté beaucoup de folie à ce rôle, afin qu'il lui colle à la peau. Elle savait pertinemment qu'il lui irait comme un gant: "Dès les premiers essais, je me suis dit qu'il était fait pour moi. Alors je me suis démenée pour le décrocher !", s'exclame t-elle. Comme à chaque fois. Oriane fait confiance à son intuition. Elle ne l'a déçue qu'une seule fois: "Je ressens les choses, c'est ça aussi qui me pousse à l'extrême." La mini-série était un programme familial convivial et divertissant, qui permettait aux téléspectateurs de se plonger dans le quotidien d'une famille: "On n'était pas là pour donner des leçons, notre but était vraiment d'apporter de la bonne humeur, et de renvoyer une image bienveillante et positive, le tout avec un petit grain de folie. C'est vraiment un programme auquel je tenais et tiens encore énormément", regrette Oriane, qui se rappelle avec émotion du dernier épisode: "On pleurait tous. Aujourd'hui encore. Mais je retiens plein de choses de cette aventure, dont la rencontre de Michèle Bernier, qui était directrice artistique sur la série. Nous, les comédiens, elle ne nous a jamais lâchés, elle nous a toujours portés. On a eu beaucoup de chance de l'avoir. J'ai vraiment beaucoup d'estime pour Michèle." Le 19 avril dernier, on a pu redécouvrir Oriane Bonduel sur TF1 aux côtés de l'animateur Jean-Luc Reichmann, dans le téléfilm Victor Sauvage, réalisé par Patrick Grandperret. Oriane y interprète le rôle d'une infirmière, Mathilde, l'ex de Victor, vétérinaire, joué par Jean-Luc. Mathilde a suivi Victor dans ses aventures professionnelles, en parcourant le monde avec leurs deux enfants, Baptiste et Zoé. Mais elle finit par se lasser de passer après les animaux: "C'est ce qui m'a plue dans ce rôle-là: Mathilde est libre, indépendante, et fragile à la fois. Elle a besoin d'amour. Mais elle est forte, car elle prend sa vie en main et ne se laisse pas abattre par les événements. C'est vraiment ce que je suis: je mène une vie tambour battant, mais le soir, seule dans mon lit, je flippe !", souligne Oriane. Victor Sauvage a attiré 6,9 millions de téléspectateurs, soit 27,8% de part d'audience, avec un public essentiellement féminin (31,7%) et composé d'enfants (36,8%). Pari réussi donc pour l'épisode pilote. Une suite est d'ores et déjà prévue. Comme si cela ne suffisait pas, entre temps, Oriane Bonduel a pris des cours de chant avec Caroline Dhôtel. Elle est actuellement en pleine préparation de son premier album, Wonder. Un opus aux accents pop/folk, produit par celui que l'on surnomme "l'homme chorale", Marco Beacco. Concernant le titre, les explications éclairées d'Oriane: "Il y a deux sens à donner au mot "wonder". Le premier: je suis "wonder", tu es "wonder", on est tous des "wonder". On a tous en nous une force spéciale qui nous anime. Le second, c'est le côté "je me demande". D'où un univers qui mêle force et fragilité, qui oscille entre gaieté et désespoir, autodérision et mélancolie." Oriane vient de terminer d'enregistrer les six premiers titres de Wonder. Elle s'occupe désormais du prélancement du produit, et songe déjà même à organiser un showcase. À partir de novembre prochain, Oriane sera également à la Salle Pleyel. Sous la direction du clarinettiste et chef d'orchestre Jean-François Verdier, avec la participation de l'Orchestre Symphonique d'Île-de-France, elle va lire, seule en scène, deux contes pour enfants, Bavard et La première fois que je suis née: "Je suis ravie de ce projet ! Ça me ressemble tellement, une fois de plus: la poésie, les mots, les enfants, les histoires, l'émotion... J'aime faire voyager les gens, les sortir de leur quotidien, leur donner de la bonne humeur, leur procurer de la joie. C'est ça notre commerce à tous, nous, les acteurs", s'émerveille la jeune femme. "J'envoie chier les contraintes, m'octroyant le plus possible de moments de joie et de plaisir. Le bonheur à tout prix, coûte que coûte !", dixit Oriane Bonduel. En donner pour en recevoir. Dans Carnets, Joseph Joubert constate: "Tout le bonheur est dans le bien-être de toute l'âme." Oriane n'est pas "à part". Elle communie seulement avec le bonheur. Et elle, en plus, elle le respire. Nouveau commentaire :
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