Joyce Jonathan: auteur-compositeur-interprète de l'âme, "musicothérapeute" d'esprit02/03/2010
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Crédit photo: © Stéphane SEDNAOUI
"Quand on veut, on peut... Pas toujours. Mais au moins, on essaie. Et la plupart du temps, on y arrive." La détermination et la persévérance sont bien souvent gages de réussite. Joyce Jonathan en est témoin. Adolescente déjà, elle se démenait pour parvenir à ses fins. Guidée par sa passion.
Née d'un père architecte et d'une mère directrice d'agence de voyages -d'origine tunisienne-, Joyce reçoit très tôt, à l'image de ses deux grandes soeurs, une éducation traditionnelle, basée sur le respect de l'autre, le travail, et l'ambition: "Mes parents sont arrivés à Paris sans un sou. Forts, ils se sont serrés les coudes, construisant pas à pas, avec une conviction qui ne les a jamais quittés", souligne Joyce, qui reconnait avoir hérité de cette pugnacité: "Dans toutes mes rencontres, j'y vais au culot." La jeune femme écrit depuis l'âge de 10 ans. Observatrice et curieuse du monde qui l'entoure, elle laisse transparaître dans ses mots ses ressentis, ses sentiments. L'écriture spontanée comme outil d'expression. Un exutoire. De nature indépendante, très tôt autonome, l'adolescente a pour habitude de s'enfermer dans sa chambre. S'isoler. Joyce se souvient: "Bien que sociable, mes parents me trouvaient très solitaire. Il est vrai que je n'étais pas du tout du genre à jouer des heures à la poupée chez mes copines..." La jeune ado grandit. À 11 ans, en cachette, elle prend son premier cours de chant. Sans un mot. Un petit manège qui durera deux ans. Lorsque les parents de Joyce découvrent la vérité, interpelés, ils se questionnent: "Ils ne comprenaient pas que je n'ose rien leur avouer... Ils pensaient que depuis tout ce temps, j'aurais extériorisé ce qui m'animait. Pourquoi le cacher ? Au fil du temps, ils ont compris que c'était très fort, trop fort pour que j'en parle banalement, comme d'une envie fugace." Alors M. et Mme Jonathan commencent à s'intéresser à la passion de leur fille. Elle, se confesse. Avoue. Ose. Persiste. "Ils ont vu que je ne changerais pas d'avis, déterminée comme j'étais !" Toujours. Joyce Jonathan acquiert ses premiers enregistreurs, achète sa première guitare, donne ses premiers concerts... Tout est neuf. La relation avec ses parents, au beau fixe. Dans ses premières chansons, Joyce Jonathan se confie. Confie ce qui la touche, ce qui la rend triste: "C'est ce qui en ressort aujourd'hui. À l'époque -j'avais 13 ans, l'année du divorce de mes parents-, je ne savais pas vraiment ce que ça signifiait...", précise Joyce. Depuis, la jeune femme a fait du chemin. Elle possède aujourd'hui une centaine de chansons à son actif. Joyce écrit, et compose. Depuis ses 5 ans, la jeune femme joue du piano, source d'inspiration profonde complémentaire à son travail d'auteur: "Ce que je compose, le thème mélodique, vient naturellement. Tout comme la première phase que j'écris. Je ne me pose jamais à une table pour réfléchir à un sujet. Il résulte de sensations, de situations récurrentes, de schémas répétitifs. Pour la chanson "Au Bar", par exemple, je me suis inspirée d'un simple constat: je me suis rendue compte qu'après une longue relation, les célibataires ne savent plus comment s'y prendre pour plaire. À partir de ce moment-là, la chanson se dessine. Ça peut aller très vite, surtout que je ne m'arrête pas à des futilités. C'est fluide." Ne cessant d'aiguiser son oreille musicale, Joyce s'adonne en outre depuis deux ans à la guitare. Seule. Influencée par Tracy Chapman, Teri Moïse ou encore Peter Cincotti, Joyce Jonathan apprécie particulièrement les sons de Michel Berger, Jean-Jacques Goldman, M, Vanessa Paradis, Téléphone et Tété. Tout un symbole. En 2007, Joyce s'inscrit sur MyMajorCompany (MMC), label musical communautaire au concept novateur. Grégoire est le premier artiste produit à travers MMC. Son premier album, Toi + Moi, s'est à ce jour écoulé à 716 000 exemplaires. À l'image de Grégoire, Joyce Jonathan a elle aussi pu rassembler 70 000 € en un peu plus de 4 mois, grâce à la confiance et à la générosité de ses 486 producteurs internautes -dont Michel Denisot-, qui lui ont permis de sortir son premier album. Sur mes gardes est dans les bacs depuis le 18 janvier dernier. Un opus réalisé et arrangé par Louis Bertignac, le guitariste de Téléphone: "Je lui ai dans un premier temps envoyé quelques-unes de mes compositions, à guitare/voix et piano/voix. Puis nous nous sommes rencontrés fin 2008, grâce à MyMajorCompany. Je rêvais de travailler avec Louis. J'aime beaucoup ce qu'il a fait avec Carla Bruni pour son album "Quelqu'un m'a dit", sorti en 2002. Je trouve que ce n'est pas facile d'arranger des chansons aussi douces", explique Joyce. Selon le dernier classement établi par le Syndicat National de l'Edition Phonographique (SNEP), Sur mes gardes se place 21ème meilleure vente d'albums en France, juste derrière Jena Lee, mais devant Rihanna, les BB Brunes, Michaël Jackson, Alica Keys... De quoi laisser rêveur. "J'essaie de ne pas trop me fier à ça, tout est tellement éphémère... Qui vous dit que dans deux semaines, je ne serai pas 408ème ?! J'ai peur d'y croire... Je le prends comme un bonus", confie l'artiste. Du haut de ses 20 ans, Joyce Jonathan garde les pieds sur terre. Naturelle. Consciente. Ses deux premiers singles, Je ne sais pas et Pas besoin de toi, tournent en boucle sur les ondes. On y découvre bien plus qu'une chanteuse au timbre chaleureux. Sa voix cristalline et fluette, empreinte d'une sensibilité mélancolique, nous émoustille. Un filet de voix à la fois imposant et reposant, distinct en bien des points d'anomalies du paysage musical français. Joyce Jonathan enchante. Comme sur ce duo avec Tété, Sur mes gardes. Joyce se souvient: "Il a de suite adoré la chanson. Je l'ai composée il y a un an et demi. Je songeais déjà à l'époque à un duo. On s'est rencontrés, on a enregistré la semaine suivante chez Louis Bertignac ! Tété est un artiste que j'admire beaucoup. Il fait sonner les mots français comme des mots anglais, c'est extraordinaire. Même quand il parle, il a un truc. Sa voix est tellement unique et identifiable..." Joyce Jonathan est ambitieuse. Mieux, elle sait renouveler ses ambitions. Une qualité qui lui permet chaque jour de relativiser les événements. Consciente que le succès peut-être éphémère, la chanteuse aux -déjà- 14 000 albums vendus espère bien décrocher en mai prochain sa licence de psychologie, afin de se lancer par la suite dans un master, spécialité musicothérapie: "Aider les autres par la musique, notamment les personnes atteintes de troubles mentaux. Ce serait vraiment cohérent avec ma vision de la musique." Souhaitons-lui d'y parvenir. L'artiste n'a jamais cessé de composer. Ni d'écrire. Depuis la sortie de Sur mes gardes, Joyce Jonathan s'est remise au travail. De nouvelles chansons sont en préparation. Des envies naissent. Les projets fleurissent. Comme celui de monter une comédie musicale. Celui d'un deuxième album, également. Déjà. Et ce n'est qu'un début... Nouveau commentaire :
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