Eric Jetner: le digne héritier fougueux d'une grand-mère "barrée"

24/07/2011
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Eric Jetner: le digne héritier fougueux d'une grand-mère "barrée"
Dans Le Petit Prince, Antoine de Saint-Exupéry affirme: "On ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux." La grand-mère d'Eric n'est plus. Dans son coeur, elle est. Elle vit. Lui, voit. Mais pas qu'aux premiers abords. Eric Jetner n'est pas du genre à se fier aux apparences. Alors il creuse. Et se nourrit de tous. De tout.

En tout premier lieu, de son passé, qu'il veille cependant à ne pas traîner comme un fardeau derrière lui: "On a tous nos bagages, mais à un moment, il faut apprendre à les poser, on n'a pas des carapaces toute notre vie", concède-t-il. Eric va de l'avant. En accord avec lui-même, il est en constante soif d'apprendre. Ce n'est pas pour rien s'il est passionné par les comédies musicales anglo-saxonnes: "On chante, on danse, on joue, tout en apprenant de nouvelles disciplines sur chaque spectacle." Plus largement, si Eric pouvait se mettre à la peinture ou à la sculpture, il s'y attèlerait dans l'heure. Un véritable touche-à-tout des temps modernes qui aime la difficulté: "Plus c'est dur, plus c'est pétillant", avoue-t-il.

Né à Granville le jour de la Saint-Valentin d'un père médecin et d'une mère infirmière, Eric grandit une bonne partie de son enfance à Coutances. Très tôt, l'hyperactivité apparaît comme le principal trait de caractère du jeune homme: "Je devais absolument exercer plein d'activités: la natation, la gymnastique..." Et même le piano. À deux, avec sa grand-mère... Elle, ne quittait jamais sa banjoline. Pour Lore, l'une des deux grandes soeurs d'Eric, c'était sa flûte. Aristote, dans sa Politique, déclare que "la musique adoucit les moeurs": elle fait partie de ces loisirs nobles qui n'ont d'autre finalité que le plaisir, en donnant le goût des actions désintéressées et libres.

"On a toujours eu la possibilité de faire ce dont on avait envie, mais avec une règle: lorsqu'on débute quelque chose, on le mène à son terme." Cette liberté, Eric va en faire usage à bon escient. Il a seulement cinq ans quand il commence à jouer ses premières notes au saxophone, à l'Ecole de musique de Coutances. Au bout de trois ans, il veut arrêter, mais ses parents l'en dissuadent, l'encourageant à aller au bout de ce qu'il entreprend. Aujourd'hui, il leur en est reconnaissant.

À douze ans, le jeune Eric Jetner intègre l'Orchestre d'Harmonie de Coutances: "En fait, j'ai toujours aimé chanter. Mais je braillais, plutôt !..." L'année suivante, il se rend à Paris et assiste à Starmania: "J'ai eu un déclic en voyant le spectacle," se souvient-il. Quelques mois plus tard, Eric débarque à Paris et auditionne pour le Centre des Arts Vivants. Retenu, il bénéficie d'horaires aménagés pendant deux ans: le matin, il étudie au lycée; l'après-midi, au Centre des Arts Vivants. Après avoir obtenu son bac littéraire option musique, il poursuit sa formation et décroche le Diplôme d'Etudes Chorégraphiques et Artistiques Choréia (DECAC).

Eric a 15 ans lorsqu'il passe l'un de ses premiers castings pour une comédie musicale, Le Cercle. Non sélectionné, il est recontacté dans le cadre d'un autre spectacle, qui reprend les airs des plus grandes comédies musicales anglo-saxonnes telles que West Side Story, Anything Goes, ou encore South Pacific. Une aubaine pour le jeune artiste. En Belgique, il est engagé pour la comédie-ballet Noir/Instantanés, chorégraphiée et mise en scène par Jacques Dombrowski, en honneur de l'écrivain Georges Simenon. On le retrouve par la suite avec la compagnie Colette Roumanoff dans Plus belle que toi, puis en 2004 dans Winnie l'Ourson et ses amis, à Disney, devant plus de 2000 spectateurs chaque jour.

La même année, les téléspectateurs découvrent Eric Jetner sur France 2, dans l'émission de Pascal Sevran, Chanter la vie: "Je ne connaissais pas le programme, mais ça me paraissait ringard à côté de la "Star Academy" ou de la "Nouvelle Star", émissions auxquelles j'aurais participé, à l'époque, si on me l'avait proposé. Ça me faisait rêver de voir tous ces jeunes bénéficier de cours hyper professionnels dispensés par des intervenants connus et reconnus, et l'opportunité qu'ils avaient de pouvoir chanter en compagnie de grands standards et de stars internationales..." confie-t-il, avant d'ajouter: "J'ai beaucoup appris sur le monde de la TV avec Pascal Sevran. C'était un vrai pro."

De France 2 à M6, Attention Mesdames et Messieurs... Rien à voir. "Un flop monumental", soulignera même Eric. Conçu et mis en scène par Roger Louret, le spectacle musical ne décolle pas. Eric Jetner est écarté de la troupe. Qu'importe, Guy Louret (le frère de Roger Louret) et Blandine Harmelin l'engagent pour leur nouvelle revue musicale, Swinging Fantasy, composée de 14 danseurs et chanteurs qui interprètent en live le meilleur de la musique, du swing au rythm and blues.

Avec Cabaret, aux Folies Bergère, Eric Jetner met un point final à tous les enseignements tirés jusque-là: "Mon plus gros contrat, assurément ma plus belle expérience," précisera-t-il. Parti il y a quelques mois jouer le spectacle à New York, le jeune artiste en est revenu émerveillé, désireux d'y repartir de plus belle... pour y vivre. Avec Fame, au Théâtre Comédia, Eric alias "Goody" se donne en spectacle trois mois durant dans la capitale, avant de partir en tournée pendant six mois: "L'accomplissement de plusieurs années de travail..."

Sur Zorro, produit par Stage Entertainment France -comme Cabaret-, Eric retrouve l'ambiance effervescente dans laquelle il a grandi. Aux auditions, on réalise le chemin parcouru par le chanteur depuis Cabaret... Lui réalise un rêve de gamin: endosser le costume d'un super-héros. Vous pouvez actuellement l'applaudir dans Mamma Mia !, au Théâtre Mogador.

Eric Jetner planche depuis plusieurs mois sur son propre projet musical, "à l'univers très coloré, électrique, fou, magique, et surtout... barré." À l'image de sa grand-mère. "J'aimerais encore pouvoir partager de la musique avec elle..." Alors chante, Eric. Elle ne peut qu'être bercée par ta voix mélodieuse. "L'essentiel" est ailleurs...


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