Chiara Di Bari: le conte de fée de "La Petite Sirène" des temps modernes25/04/2010
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À croire que son prénom lui était prédestiné... Chiara ("Claire" en français) Di Bari ne fait pas dans la demi-mesure: "J'explore chaque jour un peu plus ma personnalité et mes émotions, et me découvre sous de nouvelles facettes", se plait-elle à affirmer, cachée sous un charmant sourire.
Autant vous le dire tout de suite, cette jeune femme croque la vie à pleines dents, recherchant à gogo les vrais sentiments, dévorant sans compter les doux plaisirs et fines saveurs de la vie. Le premier de ceux-ci est son pilier, son équilibre: sa famille. Son trésor, "de l'or" dira t-elle. Une richesse qui permet à Chiara d'exploiter quotidiennement des sphères jusque là inexplorées de sa vie et de sa carrière d'artiste, qu'elle marque de son empreinte indélébile. Chiara grandit à Rome. Son papa, chef d'escale à l'Alitalia, est chanteur amateur au sein d'un groupe de reprises de chansons romaines et napolitaines. C'est lors de l'une de ses soirées privées qu'il fait la rencontre de Franca, employée à l'époque à la Food and Agriculture Organization of the United Nations (FAO), et professeur de français. Bien plus qu'une rencontre artistique, c'est le coup de foudre entre les deux jeunes gens. Chiara est donc très tôt profondément ancrée et bercée dans le milieu musical familial. Issue de grands-parents maternels vivant au Luxembourg, elle apprend, dès l'âge de deux mois, le goût du voyage, et adhère à celui de l'aventure, confrontée à d'autres cultures. Elle découvre successivement l'Amérique, l'Afrique, l'Asie et l'Europe, plus en profondeur. À presque 15 ans, Chiara découvre le théâtre. C'est sa première année de lycée ("liceo classico"), elle suit les cours du "laboratorio teatrale", dispensés par Giovanni Nardoni, metteur en scène professionnel. Elle se perfectionne notamment en diction, positionnement de la voix ("impostazione della voce"), et posture sur scène. "C'est grâce à ce monsieur à qui je porte beaucoup d'affection si, aujourd'hui, j'ai une forte empreinte théâtrale. Ce fut mon pygmalion. Cet homme m'a habituée aux sacrifices du travail, me forgeant une structure mentale théâtrale bien carrée", se souvient Chiara. La jeune fille intègre sa compagnie, et interprète ses premiers rôles classiques. Parallèlement, elle prend des cours de chant. À l'école, elle reste très bonne élève. On lui fait confiance. Si bien qu'au bac, la commission extérieure sollicite même Chiara pour entonner un morceau. Son refus dénote un attachement certain aux principes: les diverses structures qui l'entourent et la construisent n'ont que trop d'importance à ses yeux. Chiara Di Bari s'inscrit à l'université. Elle devient la même année chanteuse lead et percussionniste de Canti di scena, de Nicola Piovani (compositeur de musiques de films ayant collaboré notamment avec Federico Fellini et Roberto Benigni) et Vincenzo Cerami (scénariste pour Roberto Benigni). S'ensuit une tournée de deux ans, entre 1999 et 2000, dans toute l'Italie. En décembre 2000 débutent les auditions de la comédie musicale Notre Dame de Paris, version italienne. Chiara chante en français, l'équipe de casting est séduite. Tout autant que l'adaptateur-auteur italien Pasquale Panella. La jeune artiste tape ensuite dans l'oeil de Richard Cocciante, puis de Luc Plamondon: "Ils ont dû ressentir, de par ma façon d'être, l'intensité de mon désir et l'éclat de mon envie", juge Chiara. En un an de temps, on lui confie les rôles de Fleur-de-Lys et d'Esmeralda en Italie. Quelque temps après, le producteur Nicolas Talar et le metteur en scène anglais Wayne Fowkes lui proposent d'interpréter Fleur-de-Lys et Esmeralda au sein de la troupe française. L'opportunité est trop belle. Nous sommes en 2005, Chiara débarque en France. La même année, elle fait partie de la tournée en Asie (Corée, Taïwan et Singapour). Elle se rappelle: "Ça a été une grande école de vie artistique, "Notre Dame de Paris", qui m'a faite grandir artistiquement et vocalement, et donné l'opportunité de m'affiner dans mon travail: cette idée du "the less more" de Wayne Fowkes est désormais bien en moi. Faire moins, c'est faire plus. C'est un accomplissement quotidien." Sortie de cette aventure, Chiara Di Bari décide de prendre des cours de chant lyrique, afin de jouer le rôle soprano de Mercedes dans Il Conte Di Montecristo, de Francesco Marchetti et Robert Steiner, sur une mise en scène de Gino Landi et Jocelyn Hattab. L'histoire d'Edmond Dantès qui, injustement accusé de bonapartisme, est emprisonné sans jugement. Après être resté 14 ans en prison, il s'évade et entreprend de venger ceux qui ont oeuvré à son arrestation, prouvant son amour de toujours pour Mercedes, mariée entre temps à un de ses ennemis. Chiara précise: "Le spectacle musical, joué en 2007 et 2008, est bien plus axé sur l'amour d'Edmond Dantès pour Mercedes que sur sa vengeance personnelle d'avoir été incarcéré." Après avoir travaillé sur la production musicale inspirée de la vie de Padre Pio Actor Dei, Chiara Di Bari enregistre son premier vidéo-clip, Un Rendez-Vous, réalisé par Federico Caramadre Ronconi, sur une musique de Pino Marcucci et Massimo Bizzarri et des paroles de Laurent Bàn. Le clip se rythme sur la douce mélodie d'une zarzuela, empreinte d'une profonde nostalgie. L'interprétation de Chiara y est légère et délicate, et l'atmosphère oscille entre réalité et fantasme. L'année suivante, elle joue dans La Strada, version théâtrale et musicale du film éponyme de Federico Fellini, sur des musiques de Germano Mazzocchetti, et une mise en scène de Massimo Venturiello. "On m'a proposé de poursuivre une seconde saison en Italie, mais j'ai refusé", souligne Chiara. Alors elle se lance dans la production théâtrale (et accessoirement en tant que régisseuse lumière) au Lucernaire et au Vingtième Théâtre. Marlene D., The Legend, interprétée par Quince alias Riccardo Castagnari. Nous sommes en 2008. Les explications de Chiara: "Riccardo et moi suivions nos parcours respectifs depuis un bon moment, et nous nous portions chacun une estime réciproque. Il voulait prouver que son spectacle a sa place à Paris. J'avais pour ma part vraiment besoin et envie de développer quelque chose de personnel avec Laurent Bàn, afin de consolider notre couple artistique." Pas l'ombre d'une hésitation pour ce dernier, qui s'affaire à adapter le spectacle. Le résultat sur scène est saisissant. Marlene D., The Legend reçoit à juste titre, en 2009, le Prix Marius de la meilleure adaptation française. On le retrouvera du 28 au 30 mai au Grenier Théâtre de Verdun. Seconde adaptation pour Laurent Bàn fin 2009 avec Le Journal d'Adam et Eve, sur une mise en scène d'Hervé Devolder. "Le spectacle, déjà joué en Italie par Riccardo Castagnari, est inspiré de deux nouvelles de Mark Twain, "Journal d'Adam" et "Journal d'Eve". Laurent Bàn et moi avons revisité les textes à notre façon, celle qui nous correspond le plus. Il est l'auteur de certaines des chansons du spectale, avec Didier Begon, Stéphane Corbin et Hervé Devolder. C'est notre petit bébé à tous les deux !", s'exclame Chiara, tout sourire. À découvrir -si ce n'est déjà fait- le 09 juin prochain, dans le cadre du Festival Diva. Alors bien sûr, on pourrait évoquer son rôle de Sirena dans La Petite Sirène, la comédie musicale de Christian Schittenhelm. Parler amplement de celui de Sheila dans Hair, de Gerome Ragni, James Rado et Galt Macdermot, sur une mise en scène Ned Grudjic... Mais la "substantifique moelle" est ailleurs. Chiara fait définitivement partie de cette famille d'Artistes avec un grand A, car elle est vraie. Plus même, juste. Elle résonne, on déraisonne. Ce n'est pas Christophe Barratier qui dira le contraire. Non seulement le réalisateur du film Les Choristes a choisi Chiara Di Bari pour être l'un des nouveaux visages de la campagne publicitaire de Panzani -régulièrement diffusée sur les chaînes hertziennes-, mais il en fait en plus l'un des éléments phares d'Il était une fois... Joe Dassin, le nouveau spectacle musical de la rentrée, à retrouver au Grand Rex à partir du 01er octobre 2010. "La vita é bella !" C'est son credo. Sa fidélité, il faut la mériter. Elle, la conserve. Elle ne déroge pas aux principes, ceux qui lui ont permise d'être là où elle en est aujourd'hui. Et donne. Au public, ce sera peut-être un album. Peut-être. À l'amour de sa vie, ce sera un enfant. Le pilier familial, toujours. Dans la même rubrique :
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