Alys: une songwriter électrisante, du Pays des Merveilles à l'Olympia

30/10/2011
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Alys: une songwriter électrisante, du Pays des Merveilles à l'Olympia
Un jour, sa maman s'est battue pour elle. Fière, déjà, de sa fille, qui venait de décrocher, grâce à elle, son premier rôle, dans Alice au Pays des Merveilles. Alice Rabes était en classe de maternelle. À l'époque, ça l'a marquée.

Alice est devenue au fil du temps Alys. "Au départ, nous étions partis sur l'idée de fonder un groupe à trois. J'étais alors accompagnée de Gaetano Zuliani, pianiste, ainsi que d'une violonniste. Cette dernière est restée avec nous pendant quatre ans. Etant l'auteur des chansons, le "groupe" s'est finalement recentré sur moi", souligne Alys, qui avoue qu'être instrumentiste, sur scène, ne lui aurait pas déplu: "Etant assez timide de nature, j'aime ce côté où l'on est un peu derrière; à la base, c'est difficile pour moi d'être devant, de devoir m'exprimer."

La jeune fille est introvertie. À l'âge de 18 ans, elle débute l'apprentissage du piano et prend son premier cours de chant, avant d'intégrer le Conservatoire Supérieur de Paris. Alys se rappelle: "Chanter devant tout le monde me paraissait super dur." Elle est venue, elle a vu, elle a vaincu. Le célèbre "Veni, vidi, vici" revêt alors tout son sens. Alys gagne en confiance et dépasse ses limites. Pour la scène. Et se rend compte, progressivement, qu'elle est suffisamment extravertie pour l'affronter de plein fouet. En pleine lumière.

Les 25 et 26 septembre 2010, l'Olympia lui tend les bras. En première partie de Quentin Mosimann, gagnant de Star Academy 7, Alys se révèle au grand jour. Certains artistes éclairent de leur superbe. Elle, scintille par son talent. La scène, c'est l'instant. Le philosophe Gaston Bachelard affirmait que "Le temps n'a qu'une réalité, celle de l'instant." Alys a fait sienne cette citation.

Alice Rabes a une enfance sans encombre. À 12 ans, elle part vivre aux Etats-Unis. Son père tient un magasin d'antiquités à New York. Elle y restera quatre ans. Aujourd'hui, elle parle couramment l'anglais américain. Et le chante merveilleusement bien. Par facilité, elle suit des études de Langues, Littératures et Civilisations Etrangères (LLCE), spécialité anglais, à La Sorbonne. "Toute facilité apparente est le fruit d'une rigueur intime", paraît-il. L'essayiste et critique Gérard Bauër en était convaincu. Sans nul doute.

La rigueur, et la faculté de non-renoncement à son but premier: monter sur scène avec ses propres chansons. "Tu t'y dévoiles personnellement, tu t'exposes. Tu as vraiment l'impression d'être à poil...", constate Alys, qui ajoute: "Dans l'événementiel, tu incarnes l'image de Paris pour les touristes, c'est complètement différent." La première scène d'Alys se déroule sur la péniche La Balle au Bond: "Une sorte de "plongeon" qui m'a forgée: on teste les premières chansons, les premiers arrangements..." Ses parents sont présents. Sa maman, toujours aux premières loges: "C'est ma première supportrice, ma toute première fan ! Aux Francofolies de La Rochelle, cet été, il y avait 15 000 personnes... Eh bien sur les écrans, en coulisses, j'ai quand même repéré ma mère, c'est dingue !..." La pression et le réconfort, joli melting-pot...

Les influences d'Alys sont éclectiques: "The Beatles, Damien Rice, mais aussi les mélodistes, à l'instar de Simon & Garfunkel, ainsi que les grandes voix comme Sarah MacLachlan et Eva Cassidy, dont la reprise de "Fields of Gold" de Sting est tout simplement magnifique. Et puis, à ses débuts, Mariah Carey me captait. Sinon, des chanteuses américaines comme Sara Bareilles, Tori Amos, ou encore Ingrid Michaelson: ce sont des artistes constamment inspirées, dotées d'un foisonnement d'idées..." Comme l'inspiration d'Alys: inépuisable. Même si depuis quelque temps, elle a baissé d'intensité: "C'est une période... J'ai été très productive ces dernières années. Je cherche à innover désormais. Je bosse beaucoup, actuellement, sur la rythmique," précise Alys. Depuis 2005, la jeune chanteuse peaufine son écriture et son répertoire, fort d'une trentaine de compositions.

Le 26 septembre dernier, Alys a sorti, sous le label participatif Akamusic, Happy Days, un premier opus emprunt d'une pop pétillante et énergisante, entrecoupée de morceaux mélancoliques, à l'image de Sam Brook, ou encore Overseas. Pour ce faire, l'artiste, produite par 556 internautes, est parvenue à rassembler les 50 000 € nécessaires au financement de son album (NDLR: la somme a été révisée depuis à 80 000 €). Ce que Happy Days représente pour Alys ? "Le début de quelque chose, et une continuité. Je vois plus loin que cet album, car tellement d'artistes en sortent un aujourd'hui... Il en faut beaucoup plus pour que les gens s'intéressent au projet. J'espère en tout cas jouer mes compositions sur scène le plus longtemps possible." C'est tout ce qu'on lui souhaite.

Nous, on se joue de son jeu, de son sens de la mélodie presque inné. Avec Is it Love ?, Alys aborde avec humour les relations hommes-femmes. Avec Anna et Overseas, elle traite de sujets plus graves, plus tristes aussi, comme le drame de l'anorexie et l'éloignement. Dans Time, Alys nous incite à profiter du moment présent. Just because of you nous ramène plus de trente ans en arrière, au temps des Bronzés font du ski, pour une reprise toute en douceur et en volupté du succès de la bande originale de Pierre Bachelet. Alys, adepte des reprises décalées, puisqu'elle a également, par le passé, réinterprété le très célèbre Paint it Black des Rolling Stones. Grâce, notamment, aux arrangements de Ronan Maillard et de Ryan Damiral, les morceaux sont aboutis, percutants... On y est.

"Un bon chanteur ne dispose pas seulement d'une bonne technique vocale, il est là, aussi, pour transmettre des émotions à travers, entre autres, son grain de voix et son interprétation," dixit Alys, qui expliquera que pour combattre la lassitude rencontrée habituellement par les artistes à force de chanter le même répertoire, elle repense au bien-fondé de ses textes et du message qu'elle a voulu faire passer.

Alys travaille actuellement en collaboration avec son frère François sur la réalisation du clip d'Anna, après celui d'Is it Love ?, qui lui avait permis de remporter, l'été 2010, le concours Passe ton clip organisé par M6. Plébiscité par Lord Kossity, Amel Bent et Joachim Garraud, Is it Love ? avait alors été diffusé plusieurs fois par jour pendant un mois sur la chaîne.

Elle aurait aimé être astronaute, mais elle a bien les pieds sur Terre. On irait bien lui décrocher la lune... Une écoute de Happy Days suffit à ce que nous y soyons. Alys nous transporte. Elle nous envoûte. Cette songwriter nous électrise de ses mélodies imparables. "Je dois essayer de croire en mon étoile..." Crois-y, Alys. Tu as déjà appris à avoir confiance en toi. L'empereur romain Horace déclarait: "Qui a confiance en soi conduit les autres." Plus que nous conduire, tu nous envoles vers d'autres sphères. L'étoile n'est plus très loin. Rapproche-toi en indéfiniment. Ton rêve ultime ne sera que plus proche.

Alexis Boutévillain




1.Posté par Kelly le 30/10/2011 19:53
Très jolie transposition de la célèbre oeuvre de Lewis Carroll, une Alice des temps modernes devenue Alys qui fait de ses rêves, le pays de la réalité où se mêlent l'ambition, le courage et le don de soi. Bravo Alexis te voilà métamorphosé en lapin blanc, afin de donner la clef à une petite étoile grandissante.... Bonne continuation Alys !!!

2.Posté par Marta Laurens le 01/11/2011 21:45
Bravo ! Très beau portrait et artiste !

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